À Kabare, les femmes transforment le tournesol en source de revenus grâce au projet « Femmes en Action »

Grâce à l’acquisition d’un moulin destiné à l’extraction de l’huile de tournesol, les femmes bénéficiaires du projet « Femmes en Action » valorisent leur production agricole, génèrent des revenus et contribuent davantage aux besoins de leurs familles. Au Sud-Kivu, cette initiative favorise leur autonomie financière et leur permet de poursuivre leurs activités économiques au-delà de la fin du projet.

Crédit photo : Lydie Waridi Kone de Caritas Goma

Au village de Kahungu, dans le groupement d’Irhambi, en chefferie de Kabare, la culture du tournesol représente désormais une occasion de développer des activités génératrices de revenus pour Binja Kalaza Gisèle et les autres membres de son association.

Dans un entretien, Binja Kalaza Gisèle explique que la culture du tournesol existait déjà dans leur communauté. Toutefois, l’accès à un moulin pour en extraire l’huile a changé la manière dont les femmes peuvent valoriser leur production.

« Depuis que le projet nous a dotées d’un moulin pour extraire l’huile de tournesol, nous pouvons produire notre propre huile et la vendre sur les marchés », explique-t-elle.

Grâce à cet équipement, les femmes peuvent transformer une partie de leurs récoltes en huile, un produit recherché par les consommateurs. Les efforts de commercialisation et les activités de marketing contribuent également à faire connaître leur production et à attirer de nouveaux clients.

Des revenus pour améliorer les conditions de vie des familles

Les retombées de cette activité se font sentir jusque dans les ménages. Selon Binja Kalaza Gisèle, les revenus générés contribuent notamment à améliorer l’alimentation des enfants, à soutenir leur scolarisation et à répondre aux besoins quotidiens des familles.

La vente d’huile permet également aux femmes de participer à l’entretien du moulin et d’envisager de nouvelles possibilités d’épargne et d’investissement collectif.

Crédit photo : Lydie Waridi Kone de Caritas Goma

« Grâce à la vente d’huile, je gagne facilement de l’argent. Avec ce que je gagne, je participe à la maintenance de notre moulin. Mais, avec les autres membres du groupe, nous pensons également à garder une part dans nos associations paysannes d’épargne et de crédit.

« Aujourd’hui, le projet Femmes en Action m’a formée et j’utilise mon intelligence pour gagner ma vie. Je suis fière d’avoir bénéficié de toutes les formations qui m’ont rendue autonome, bien que le projet ait pris fin », témoigne-t-elle.

La valorisation des sous-produits du tournesol contribue également à tirer davantage profit de cette production. Les résidus peuvent notamment être utilisés pour nourrir le bétail et les poissons, tandis que d’autres sont vendus à des agriculteurs qui les utilisent dans leurs champs.

« Les déchets que nous produisons ne sont pas jetés directement. Nous les vendons également aux agriculteurs, qui utilisent cela comme engrais dans leurs champs », précise Gisèle.

Une production qui ouvre de nouvelles perspectives

Grâce à leurs propres champs de tournesol, les femmes poursuivent leurs activités au fil des saisons agricoles. Binja Kalaza Gisèle indique que, sur une période de plus de sept mois, leur production a déjà dépassé cinq bidons de 20 litres d’huile.

L’huile est ensuite répartie dans de plus petits contenants de 3 ou 5 litres, vendus à 10 dollars, afin d’en faciliter la commercialisation.

Cette expérience nourrit l’espoir des productrices de maintenir et d’accroître leur production au cours des prochaines saisons. La demande observée sur les marchés les encourage à poursuivre leurs efforts pour développer leur clientèle et consolider les acquis de cette activité.

Pour Binja Kalaza Gisèle, cette initiative représente aussi une avancée pour les femmes de sa communauté, qui occupent désormais une place importante dans une activité de transformation agricole peu courante dans leur milieu.

« Produire l’huile de tournesol ici chez nous à Kabare est une première. Nous sommes les premières femmes à en produire, et cela, grâce au projet Femmes en Action. Les gens sont curieux de voir les femmes au premier rang pour un travail difficile comme la production de l’huile et surtout du tournesol », explique-t-elle.

Des acquis à préserver malgré les défis

Alors que le projet « Femmes en Action » arrive à son terme, Binja Kalaza Gisèle exprime sa reconnaissance envers les partenaires qui ont accompagné les femmes dans le développement de leurs activités.

Pour elle, les retombées du projet vont bien au-delà du moulin mis à leur disposition. Les formations reçues, les connaissances acquises et les équipements disponibles constituent autant de ressources pour poursuivre leurs activités économiques et renforcer leur autonomie.

Des défis demeurent toutefois, notamment l’insécurité dans la région, qui risque de fragiliser les activités économiques et les efforts de développement des communautés.

Malgré ces difficultés, les bénéficiaires espèrent préserver les acquis du projet, maintenir leur production, élargir leurs débouchés commerciaux et accroître progressivement leurs revenus.

Le parcours de Binja Kalaza Gisèle illustre ainsi l’importance de l’accès aux équipements de transformation, du renforcement des compétences et de la valorisation des productions agricoles locales pour soutenir l’autonomisation économique des femmes rurales et améliorer les conditions de vie des familles.

À propos du projet « Femmes en Action »

Mis en œuvre dans les territoires de Kabare, Mwenga et Kalehe, au Sud-Kivu, ainsi qu’à Walikale, au Nord-Kivu, le projet « Femmes en Action » vise à promouvoir l’autonomisation des femmes en renforçant leurs droits économiques et sociaux. Il fait également de la préservation de la biodiversité un levier de résilience communautaire.

Le projet est financé par Affaires mondiales Canada et mis en œuvre en consortium avec le Jane Goodall Institute Canada et la Fondation Paul Gérin-Lajoie.

Article rédigé par Lydie Waridi Kone