Le projet « Appui à la lutte contre le double fardeau nutritionnel et la COVID-19 » (NUT) au Bénin : 3 ans de défis et de succès

Une femme béninoise reçoit des denrées de la part de l'APRETECTRA, dans le cadre du projet NUT. Comme plus de 200 personnes, elle sera outillée et formée au jardinage et à la nutrition.

Après trois ans de défis liés à la pandémie et de nombreux succès auprès des communautés de Comé et de Grand-Popo, au Bénin, le projet NUT a finalisé ses activités en août 2022.

Les aléas de la pandémie ont mis en lumière toute la capacité d’adaptation de l’Association des personnes rénovatrices des technologies traditionnelles (APRETECTRA), une organisation béninoise fondée en 1982. Avec le soutien de la Fondation Paul Gérin-Lajoie et du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, le projet NUT s’est transformé pour mener à bien l’ensemble des activités prévues et accompagner les communautés au plus près.

Conçu dans l’optique des projets Québec sans frontières, le projet NUT prévoyait initialement l’accueil de stagiaires, en provenance du Québec, au sein de l’APRETECTRA. En mars 2020, quelques mois avant le lancement, la pandémie liée à la COVID-19 a imposé une réorganisation complète du projet. Avec l’appui de la Fondation Paul Gérin-Lajoie, l’APRETECTRA a ainsi redoublé d’efforts pour adapter ses activités en lien avec la santé et la nutrition et pour s’inscrire dans la lutte contre la COVID-19.

À l’issue des trois ans du projet, toutes les activités ont pu être organisées et tous les objectifs ont été atteints. Au total, 210 familles ont été outillées et formées au jardinage et à la nutrition, dans la perspective d’une amélioration de leur santé et d’une meilleure autonomie économique. De plus, le projet a distribué près de 11 000 masques réutilisables, du gel hydroalcoolique et près d’une cinquantaine de dispositifs de lavage de mains. Par ailleurs, près de 40 écoles ont bénéficié de séances de sensibilisation à la prévention face à la COVID-19. Enfin, des centres de santé communautaires ont reçu un appui sous forme de don de matériel médical pour favoriser la détection de maladies chroniques.

« Le projet NUT a été conçu pour répondre directement aux besoins des communautés. C’est grâce à un ensemble d’activités concrètes et complémentaires, organisées par l’APRETECTRA, que le projet a atteint ses ambitieux objectifs », indique Marina Pech, chargée de projet à la Fondation Paul Gérin-Lajoie.

Le succès du projet NUT repose également sur les plus de soixante personnes-ressources au sein des villages (dites « relais communautaires »), formées pour mener des séances de sensibilisation au plus près des populations. La directrice exécutive de l’APRETECTRA, Reine Bossa, affirme : « Les relais communautaires sont les artisans du projet sur le terrain, ce sont les personnes-ressources, les influenceuses et influenceurs dynamiques. Elles et ils représentent l’APRETRECTRA auprès des communautés et maintiennent les liens sur le long-terme tant avec elles qu’avec nos équipes. »

« Nos relais communautaires sont fiers d’être impliqués dans la mise en œuvre du projet NUT, presqu’autant que nous ! Je suis fière quand nous allons dans les communautés et que les familles nous sont reconnaissantes pour les activités menées. C’est bien souvent le cas parce que le projet a été conçu pour répondre à leurs besoins, tant en matière de nutrition que de santé », ajoute-t-elle.

Hindé Adjiwanou, responsable du projet NUT au sein de l’APRETECTRA, confirme : « Le projet NUT, c’est tout d’abord un projet qui a un grand impact sur la santé de la population. Quand on y travaille, on est fier de voir ses effets positifs. Je suis fier dans ma peau, j’apporte un plus à une communauté. »

Il met l’emphase sur la pérennisation des retombées concrètes du projet et la démultiplication de leurs effets sur les communautés bénéficiaires : « Je suis un régulier sur le terrain. Cette année, en retournant dans les premiers villages qui ont reçu de l’accompagnement, j’ai constaté que les jardins familiaux sont encore là. Au moins 75% de familles continuent à les entretenir. Encore plus encourageant, d’autres familles ont également développé leur propre jardin potager, sur la base de l’expérience des familles accompagnées. Les connaissances et les outils sont mutualisés entre les familles. »

Le projet NUT a été mis en œuvre par l’organisation non-gouvernementale béninoise l’Association des personnes rénovatrices des technologies traditionnelles (APRETECTRA), en partenariat avec la Fondation Paul Gérin-Lajoie et avec le soutien du ministère des Relations internationales et de la Francophonie. L’APRETECTRA est un partenaire de la Fondation Paul Gérin-Lajoie depuis 2003.